DJ Mehdi, îcone de l'électro made in France
DJ Mehdi : l’alchimiste entre rap et électro
Né Mehdi Favéris-Essadi le 20 janvier 1977 à Asnières-sur-Seine, aux portes de Paris, DJ Mehdi grandit dans une famille issue de deux mondes : une mère d’origine tunisienne, un père français.Il passe son enfance à Gennevilliers, Colombes, puis Paris, absorbant dès son plus jeune âge les disques de funk, disco, jazz et les cassettes rap américaines.
Premiers pas dans le hip-hop
Très tôt, Mehdi s’immerge dans le rap français : il rejoint le crew Idéal J, collabore avec Different Teep, produit pour 113 et devient l’un des beatmakers incontournables de la scène rap des années 90.Il fonde aussi le label Espionnage pour soutenir ses productions et projets underground.
Sa signature ? Des breakbeats hip-hop mêlés à des touches électro, des samples audacieux, un goût du croisement des genres.
Ascension vers l’électro : Ed Banger, crossovers et audace
Le tournant Ed Banger & Lucky Boy
Au milieu des années 2000, Mehdi rejoint le label Ed Banger Records, fondé par Pedro Winter (Busy P).En 2006, il sort Lucky Boy, premier album solo paru sur Ed Banger, qui marque un tournant électro dans sa carrière.
Avant cela, il avait déjà lancé The Story of Espion (2002) et la mixtape Loukoums (2006) en hommage à J Dilla.
Collaborations & influences
DJ Mehdi tisse des ponts entre rap et électro : il remixera des groupes électroniques, produira pour Daft Punk, Cassius, MC Solaar, Chromeo, Futura 2000, Asian Dub Foundation, etc. Il cofonde le collectif Club 75 avec Cassius, Justice, Busy P… un écho fort dans la french touch.
En 2010, il collabore avec Riton pour former le projet Carte Blanche, jouant “à quatre platines et une TR-909” lors de tournées house music électro.
Discographie sélective : albums, tracks & collaborations
Voici un aperçu non exhaustif mais emblématique:
| Année | Œuvre / Collaboration | Type |
|---|---|---|
| 2002 | The Story of Espion | Album solo |
| 2005 | Des Friandises Pour Ta Bouche | Projet solo / EP |
| 2006 | Loukoums | Mixtape hommage à J Dilla |
| 2006 | Lucky Boy | Album solo sur Ed Banger |
| 2007 | Lucky Boy at Night | Version remix / nocturne |
| 2009 | Mehdi Mixmas | Mixtape de Noël |
| 2010 | Dear Summer | Mixtape |
| 2011 | Let the Children Techno | Projet co-crédité avec Busy P |
| 2011 | Tunisian Summer Mix | Mixtape été |
| x | Collaboration « Tonton du bled » – 113 | Production majeure |
Côté rap, Mehdi est largement crédité sur les albums Les Princes de la Ville (113) comme producteur principal.
Destin tragique & legs durable
Un drame inattendu
La nuit du 13 septembre 2011, Mehdi célèbre l’anniversaire de son ami Riton sur la mezzanine de son appartement parisien. Le plancher de verre cède, entraînant un effondrement : DJ Mehdi est mort sur le coup, à 34 ans. Trois autres personnes sont blessées.
Héritage & réhabilitation
Depuis sa disparition, la légende Mehdi n’a cessé de grandir. Son travail est souvent cité comme un pont entre deux cultures musicales françaises : le rap et l’électro. En 2024, le documentaire en 6 épisodes DJ Mehdi : Made in France, réalisé par Thibaut de Longeville et diffusé sur Arte, lui rend hommage avec des archives inédites, témoignages d’ami·es, et une exploration sociale de ses combats artistiques.
Le documentaire a remporté le prix de la meilleure série documentaire à Canneseries en 2024. Par ailleurs, des albums longtemps indisponibles (notamment Les Princes de la Ville) retrouvent les plateformes de streaming.
Actualités 2025 & projets futurs
Même si DJ Mehdi n’est plus parmi nous, son aura est vive :
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Le documentaire DJ Mehdi : Made in France continue d’alimenter les discussions, rétrospectives et hommages.
La réédition ou la remise à disposition de ses œuvres jusque-là bloquées pour raisons de droits (ex. Les Princes de la Ville) est un chantier en cours.
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Dans les cercles électroniques et rap français, son influence est régulièrement évoquée dans podcasts, labels émergents, mixsets hommage…
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Possibilité de futures compilations, remixes ou hommages officiels à venir.
DJ Mehdi wiki n’était pas simplement un producteur : c’était un connecteur de mondes, un pont entre l’énergie urbaine du rap français et l’exubérance des pistes électro. Même mort trop jeune, son héritage ne cesse de rayonner, inspirant de nouvelles générations à briser les barrières, à sampler sans crainte, et à mixer les esthétiques.




